Les titres donnent une image sombre. Lorsqu’on parcourt la couverture récente de la chaîne de salades Sweetgreen (NYSE : SG), le sentiment est largement négatif : l’entreprise « se flétrit », devient « cringe pour les milléniaux », et les dirigeants prennent la poudre d’escampette. Mais derrière ces titres accablants se pose une question plus nuancée : la chaîne est-elle vraiment dépassée, ou traverse-t-elle une période difficile qui pourrait finalement reshaper son avenir ?
La réalité brutale : une année de pertes et de déclin
Les chiffres racontent une histoire sobering. L’action Sweetgreen a chuté de 76 % au cours de l’année écoulée (fin janvier), et sur une période de trois ans, elle affiche une perte annuelle moyenne de 8,6 %. Ce n’est pas une chute temporaire — c’est un déclin soutenu qui a ébranlé la confiance des investisseurs et rongé la position de marché autrefois prometteuse de l’entreprise.
La trajectoire de croissance de l’entreprise a clairement ralenti. La direction a indiqué prévoir d’ouvrir moins de points de vente en 2026 par rapport à 2025, marquant un changement notable par rapport à l’expansion agressive qui caractérisait les premières années de la marque. Les ventes dans les magasins existants depuis un an ou plus ont chuté de près de 10 % d’une année sur l’autre, tandis que le chiffre d’affaires du troisième trimestre est pratiquement resté stable par rapport à l’année précédente. Pire encore, l’entreprise a enregistré une perte nette plutôt qu’un bénéfice.
Plusieurs vents contraires : pourquoi la chaîne de salades rencontre des difficultés
Plusieurs facteurs convergents expliquent la détérioration de Sweetgreen. Tout d’abord, des défis opérationnels ont affecté de nombreux points de vente, bien que la direction signale que le problème est en train de diminuer progressivement. Deuxièmement, et peut-être plus dommageable, l’inflation a créé une tempête parfaite : elle a augmenté la structure des coûts de la chaîne tout en incitant les consommateurs à réfléchir à deux fois avant de dépenser pour des salades haut de gamme. Lorsque les budgets familiaux se resserrent, la nourriture spécialisée est souvent la première à être coupée.
L’entreprise a également connu des départs importants ces derniers mois. Le départ du co-fondateur et directeur de la marque Jonathan Neman était particulièrement symbolique — la perte d’un visionnaire fondateur suggère des défis internes au-delà des simples conditions de marché. Par ailleurs, le directeur du développement a également quitté l’entreprise, ce qui pourrait indiquer des changements stratégiques susceptibles de déstabiliser l’organisation.
Il existe aussi une dynamique plus large dans l’industrie : la tendance « healthy fast-casual » qui avait propulsé la croissance initiale de Sweetgreen s’est considérablement refroidie. Les milléniaux qui avaient adopté le mode de vie salade ont mûri, et la nouveauté s’estompe. Ce qui semblait innovant il y a peu risque maintenant de passer pour dépassé aux yeux d’une nouvelle génération de consommateurs.
L’énigme de la valorisation : bonne affaire ou piège à valeur ?
Les faibles métriques de valorisation peuvent sembler attrayantes au premier abord. Sans bénéfices positifs, l’entreprise n’a pas de ratio cours/bénéfice significatif. Cependant, son ratio cours/chiffre d’affaires de 1,21 est bien en dessous de la moyenne sur cinq ans de 1,9, ce qui suggère que le marché intègre un pessimisme important.
La question cruciale est : cette valorisation déprimée représente-t-elle une véritable opportunité, ou est-ce un piège à valeur — une action qui paraît bon marché précisément parce que le marché anticipe des difficultés supplémentaires ? Cette distinction est extrêmement importante pour les investisseurs potentiels.
L’automatisation et l’innovation peuvent-elles inverser la tendance ?
La direction ne reste pas inactive. Le PDG Jonathan Neman a souligné dans le rapport du troisième trimestre que l’entreprise reste « concentrée sur le processus de construction d’une base solide » et a exprimé sa confiance dans le fait que leur « stratégie ciblée ramènera Sweetgreen à une croissance soutenue et rentable ». Une initiative concrète a été l’investissement dans la technologie d’automatisation conçue pour rationaliser l’assemblage des salades et réduire les coûts de main-d’œuvre.
Ces efforts ne sont pas frivoles. Si l’entreprise parvient à déployer avec succès l’automatisation pour réduire significativement les coûts de production sans sacrifier la qualité, elle pourrait améliorer ses marges et rendre ses salades plus compétitives en prix. L’innovation dans l’offre de menus pourrait également raviver l’intérêt des consommateurs. La question est de savoir si ces changements se produiront assez rapidement avant que la consommation de liquidités ou les conditions de marché ne se détériorent davantage.
Une approche d’attente et d’observation est judicieuse
Bien que Sweetgreen ne soit pas nécessairement dépassée — la marque conserve encore une certaine reconnaissance et l’entreprise travaille activement à sa relance — le profil risque-rendement actuel ne justifie pas l’achat immédiat. L’entreprise fait face à de véritables vents contraires opérationnels et macroéconomiques, et la reprise n’est pas garantie malgré la confiance de la direction et ses initiatives stratégiques.
Pour les investisseurs, la démarche prudente consiste à observer plutôt qu’à engager du capital pour le moment. Surveillez si les résultats du quatrième trimestre montrent une stabilisation. Suivez si les investissements dans l’automatisation prennent de l’ampleur et améliorent la rentabilité. Observez si la nouvelle équipe dirigeante peut stabiliser les opérations et restaurer la croissance des ventes dans les magasins existants.
La réalité est qu’il existe de nombreuses autres opportunités d’investissement offrant des perspectives plus claires à court terme avec un risque d’exécution moindre. Sweetgreen pourrait bien faire un retour — la construction de la base en cours pourrait porter ses fruits. Mais pour l’instant, la patience est une vertu. Donnez plus de temps à la relance pour faire ses preuves avant de décider si cette histoire est vraiment dépassée ou si elle deviendra la success story de demain.
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Sweetgreen est-elle simplement une nouvelle d'hier, ou une histoire de redressement en attente de se produire ?
Les titres donnent une image sombre. Lorsqu’on parcourt la couverture récente de la chaîne de salades Sweetgreen (NYSE : SG), le sentiment est largement négatif : l’entreprise « se flétrit », devient « cringe pour les milléniaux », et les dirigeants prennent la poudre d’escampette. Mais derrière ces titres accablants se pose une question plus nuancée : la chaîne est-elle vraiment dépassée, ou traverse-t-elle une période difficile qui pourrait finalement reshaper son avenir ?
La réalité brutale : une année de pertes et de déclin
Les chiffres racontent une histoire sobering. L’action Sweetgreen a chuté de 76 % au cours de l’année écoulée (fin janvier), et sur une période de trois ans, elle affiche une perte annuelle moyenne de 8,6 %. Ce n’est pas une chute temporaire — c’est un déclin soutenu qui a ébranlé la confiance des investisseurs et rongé la position de marché autrefois prometteuse de l’entreprise.
La trajectoire de croissance de l’entreprise a clairement ralenti. La direction a indiqué prévoir d’ouvrir moins de points de vente en 2026 par rapport à 2025, marquant un changement notable par rapport à l’expansion agressive qui caractérisait les premières années de la marque. Les ventes dans les magasins existants depuis un an ou plus ont chuté de près de 10 % d’une année sur l’autre, tandis que le chiffre d’affaires du troisième trimestre est pratiquement resté stable par rapport à l’année précédente. Pire encore, l’entreprise a enregistré une perte nette plutôt qu’un bénéfice.
Plusieurs vents contraires : pourquoi la chaîne de salades rencontre des difficultés
Plusieurs facteurs convergents expliquent la détérioration de Sweetgreen. Tout d’abord, des défis opérationnels ont affecté de nombreux points de vente, bien que la direction signale que le problème est en train de diminuer progressivement. Deuxièmement, et peut-être plus dommageable, l’inflation a créé une tempête parfaite : elle a augmenté la structure des coûts de la chaîne tout en incitant les consommateurs à réfléchir à deux fois avant de dépenser pour des salades haut de gamme. Lorsque les budgets familiaux se resserrent, la nourriture spécialisée est souvent la première à être coupée.
L’entreprise a également connu des départs importants ces derniers mois. Le départ du co-fondateur et directeur de la marque Jonathan Neman était particulièrement symbolique — la perte d’un visionnaire fondateur suggère des défis internes au-delà des simples conditions de marché. Par ailleurs, le directeur du développement a également quitté l’entreprise, ce qui pourrait indiquer des changements stratégiques susceptibles de déstabiliser l’organisation.
Il existe aussi une dynamique plus large dans l’industrie : la tendance « healthy fast-casual » qui avait propulsé la croissance initiale de Sweetgreen s’est considérablement refroidie. Les milléniaux qui avaient adopté le mode de vie salade ont mûri, et la nouveauté s’estompe. Ce qui semblait innovant il y a peu risque maintenant de passer pour dépassé aux yeux d’une nouvelle génération de consommateurs.
L’énigme de la valorisation : bonne affaire ou piège à valeur ?
Les faibles métriques de valorisation peuvent sembler attrayantes au premier abord. Sans bénéfices positifs, l’entreprise n’a pas de ratio cours/bénéfice significatif. Cependant, son ratio cours/chiffre d’affaires de 1,21 est bien en dessous de la moyenne sur cinq ans de 1,9, ce qui suggère que le marché intègre un pessimisme important.
La question cruciale est : cette valorisation déprimée représente-t-elle une véritable opportunité, ou est-ce un piège à valeur — une action qui paraît bon marché précisément parce que le marché anticipe des difficultés supplémentaires ? Cette distinction est extrêmement importante pour les investisseurs potentiels.
L’automatisation et l’innovation peuvent-elles inverser la tendance ?
La direction ne reste pas inactive. Le PDG Jonathan Neman a souligné dans le rapport du troisième trimestre que l’entreprise reste « concentrée sur le processus de construction d’une base solide » et a exprimé sa confiance dans le fait que leur « stratégie ciblée ramènera Sweetgreen à une croissance soutenue et rentable ». Une initiative concrète a été l’investissement dans la technologie d’automatisation conçue pour rationaliser l’assemblage des salades et réduire les coûts de main-d’œuvre.
Ces efforts ne sont pas frivoles. Si l’entreprise parvient à déployer avec succès l’automatisation pour réduire significativement les coûts de production sans sacrifier la qualité, elle pourrait améliorer ses marges et rendre ses salades plus compétitives en prix. L’innovation dans l’offre de menus pourrait également raviver l’intérêt des consommateurs. La question est de savoir si ces changements se produiront assez rapidement avant que la consommation de liquidités ou les conditions de marché ne se détériorent davantage.
Une approche d’attente et d’observation est judicieuse
Bien que Sweetgreen ne soit pas nécessairement dépassée — la marque conserve encore une certaine reconnaissance et l’entreprise travaille activement à sa relance — le profil risque-rendement actuel ne justifie pas l’achat immédiat. L’entreprise fait face à de véritables vents contraires opérationnels et macroéconomiques, et la reprise n’est pas garantie malgré la confiance de la direction et ses initiatives stratégiques.
Pour les investisseurs, la démarche prudente consiste à observer plutôt qu’à engager du capital pour le moment. Surveillez si les résultats du quatrième trimestre montrent une stabilisation. Suivez si les investissements dans l’automatisation prennent de l’ampleur et améliorent la rentabilité. Observez si la nouvelle équipe dirigeante peut stabiliser les opérations et restaurer la croissance des ventes dans les magasins existants.
La réalité est qu’il existe de nombreuses autres opportunités d’investissement offrant des perspectives plus claires à court terme avec un risque d’exécution moindre. Sweetgreen pourrait bien faire un retour — la construction de la base en cours pourrait porter ses fruits. Mais pour l’instant, la patience est une vertu. Donnez plus de temps à la relance pour faire ses preuves avant de décider si cette histoire est vraiment dépassée ou si elle deviendra la success story de demain.