Le Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC) a publié un rapport approfondi de 43 pages sur la blockchain, soulignant que le risque de fragmentation entre les réseaux de registres distribués (DLT) pourrait freiner l’expansion et l’adoption des actifs numériques dans l’écosystème financier décentralisé (DeFi).
Le document a été co-rédigé par DTCC, Clearstream et Euroclear, avec la consultation du Boston Consulting Group. Le rapport appelle à renforcer la normalisation des données, à harmoniser les processus et à clarifier les rôles des acteurs afin d’éviter la fragmentation dans ce secteur encore naissant du DLT.
Selon les auteurs, l’interopérabilité est un facteur clé pour exploiter pleinement le potentiel des titres numériques, en simplifiant les cas d’usage, en débloquant de nouveaux modèles commerciaux, tout en maintenant la liquidité, la sécurité et la transférabilité des actifs.
Le rapport est conçu comme un « document de référence neutre » dans un contexte où la blockchain est de plus en plus utilisée dans le système financier traditionnel. La tokenisation – processus consistant à transférer des actifs réels sur la blockchain – ainsi que les stablecoins suscitent un grand intérêt. Fin 2022, la filiale de DTCC, The Depository Trust Company, a reçu une lettre de « no-action » de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, permettant de fournir des services de tokenisation pour les actifs déposés.
Cependant, DTCC met en garde contre la fragmentation croissante entre les réseaux DLT émergents, qui devient l’un des principaux obstacles à la scalabilité. En l’absence d’interopérabilité, les actifs risquent d’être « bloqués » dans des écosystèmes isolés, avec des coûts opérationnels élevés, tandis que les risques liés à la conformité réglementaire et à la gestion opérationnelle continuent d’augmenter.
Pour relever ce défi, le rapport propose de s’appuyer sur des efforts de normalisation éprouvés dans la finance traditionnelle (TradFi), notamment le système de messagerie de paiement SWIFT et le code d’identification des titres internationaux (ISIN). Les auteurs identifient cinq domaines fondamentaux nécessitant une normalisation : actifs et passifs, droits de propriété, cycle de vie et processus de transfert d’actifs, registres, ainsi que le cadre juridique et réglementaire.
Selon Nadine Chakar, directrice générale de la division des actifs numériques chez DTCC, l’interopérabilité est la pierre angulaire pour l’expansion et l’adoption à grande échelle des actifs numériques. Elle souligne que les acteurs doivent se concentrer sur la normalisation des données, des standards communs et une gestion des risques solide afin de construire un pont entre la finance traditionnelle et la finance décentralisée, basé sur la transparence, la sécurité et la confiance.
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