Récemment, le Service des Impôts de la Région Administrative Spéciale de Hong Kong (« Hong Kong ») a mis à jour sa foire aux questions (FAQ), expliquant comment déterminer le statut de résident fiscal d’une personne pouvant être considérée comme résidente à la fois en Chine continentale et à Hong Kong, conformément à la règle du « critère de tie-breaker » prévue dans le « Règlement global sur la double imposition et la prévention de l’évasion fiscale entre la Chine et Hong Kong » (« Règlement global »).
Avec l’intensification des échanges économiques entre les deux régions, le travail transfrontalier et la résidence dans les deux lieux sont devenus la norme, beaucoup menant une vie « travaillant à Hong Kong, vivant en Chine continentale ». Lorsqu’une personne remplit simultanément les critères de résidence dans les deux juridictions, l’application du régime fiscal et la règle du critère de tie-breaker jouent un rôle clé. Lire l’article original ici
Côté Chine continentale :
Un résident fiscal en Chine continentale est une personne ayant un domicile en Chine ou, n’ayant pas de domicile, ayant résidé en Chine de manière habituelle pendant au moins 183 jours au cours d’une année fiscale. La « résidence » est définie comme le lieu où la personne réside habituellement en raison de ses liens de domicile, de famille ou d’intérêts économiques. En pratique, la résidence habituelle est considérée comme le critère principal, et la détention du domicile en Chine peut présumer une intention de résidence habituelle, conduisant à une qualification de résident fiscal chinois.
Côté Hong Kong :
Un résident fiscal à Hong Kong est une personne qui y réside habituellement, ou qui, au cours de l’année fiscale concernée, y séjourne plus de 180 jours, ou plus de 300 jours sur deux années fiscales consécutives. Comparé à la Chine continentale, Hong Kong privilégie la situation de fait de résidence et le degré de liens économiques étroits plutôt que le statut de résident permanent ou le domicile légal.
Étant donné les différences objectives dans la détermination du statut de résident et le calcul de l’année fiscale, une personne travaillant à l’échelle transfrontalière peut remplir simultanément les critères de résidence dans les deux régions, ce qui soulève des conflits de double résidence fiscale. Le 21 août 2006, la Chine et Hong Kong ont signé officiellement le « Règlement global » pour éviter la double imposition et prévenir l’évasion fiscale. Depuis, plusieurs protocoles ont été signés pour actualiser le contenu, afin de s’adapter à l’évolution des règles fiscales internationales et de favoriser les échanges économiques et d’investissement entre les deux régions.
Pour résoudre les conflits de compétence fiscale, le « Règlement global » introduit la règle du critère de tie-breaker, largement utilisée dans le domaine de la fiscalité internationale. Elle vise à résoudre les conflits de double résidence fiscale d’une personne dus aux différences légales entre les juridictions fiscales.
Selon le « Règlement global », lorsqu’une personne remplit simultanément les critères de résidence fiscale en Chine continentale et à Hong Kong, son statut fiscal est déterminé selon l’ordre suivant :
Il est important de noter que ces critères sont hiérarchisés, et que le critère suivant n’est utilisé que si le précédent ne permet pas de résoudre le conflit.
L’importance de cette mise à jour réside dans l’utilisation d’exemples plus proches de la réalité (Q17-Q21), illustrant comment, dans des scénarios courants tels que « programmes de talents » ou « vie en double ville », la règle du critère de tie-breaker permet de déterminer le statut de résident fiscal d’une personne.

Pour chaque situation, le Service des Impôts de Hong Kong ne fournit pas une réponse absolue quant à la qualification de résident fiscal, mais liste plutôt les facteurs pouvant être pris en compte pour la détermination, notamment : le domicile en Chine continentale, la résidence de longue durée du conjoint ou des enfants, la détention de parts dans une entreprise, le lieu de paiement des salaires ou de contribution à la sécurité sociale. Ces éléments constituent des preuves solides de « liens économiques étroits ».
Ainsi, la détention du domicile en Chine ou le séjour de plus de 180 jours à Hong Kong dans une année fiscale ne sont pas des critères déterminants uniques selon la règle du critère de tie-breaker. En vertu du « Règlement global », une personne peut toujours être considérée comme résidente à Hong Kong. Cela ne signifie pas que des critères fondamentaux comme le « nombre de jours de séjour » soient insignifiants, mais qu’ils doivent être analysés dans le cadre d’une approche globale intégrant plusieurs facteurs.
Globalement, cette mise à jour du FAQ par le Service des Impôts de Hong Kong n’est pas une réforme majeure du système, mais plutôt un guide pratique illustrant de manière concrète la règle de détermination du statut de résident fiscal pour les populations transfrontalières fréquentes. Avec l’amélioration des capacités de supervision fiscale et la transparence accrue des informations fiscales, les autorités fiscales des deux régions seront en mesure de mieux évaluer le centre des intérêts économiques des contribuables, et la gestion fiscale transfrontalière tend vers une approche plus fine et précise.