La Cour suprême des États-Unis pourrait statuer ce soir sur le cas des droits de douane IEEPA, mais la Maison Blanche a déjà préparé une source de droit alternative, et le marché continue de suivre l’évolution du pouvoir administratif.
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(Complément d’information : Lors de son discours sur la stratégie de sécurité nationale, Trump n’a évoqué ni cryptomonnaies ni blockchain, se contentant de parler « d’innovation financière »)
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Initialement, la Cour suprême prévoyait de rendre sa décision finale concernant la politique de « droits de douane équivalents mondiaux » du gouvernement Trump le 9 janvier, mais celle-ci a été reportée pour diverses raisons. Cependant, selon un article du New York Times du 19, le 20 janvier, heure de l’Est, neuf juges pourraient statuer sur la constitutionnalité des droits de douane équivalents.
Ce verdict concerne des droits de douane cumulés de plusieurs centaines de milliards de dollars depuis 2025, impactant la chaîne d’approvisionnement mondiale. Certains investisseurs ont déjà commencé à vendre des actifs pour se couvrir. Toutefois, la Maison Blanche et l’équipe commerciale ont récemment laissé entendre que, même en cas de condamnation pour anticonstitutionnalité, l’administration dispose de suffisamment de mesures de rechange, rendant difficile une remise en cause immédiate de la structure tarifaire.
Lors d’une interview avec le New York Times le 18, Jamieson Greer, représentant commercial américain, a déclaré :
Si la décision de la cour est défavorable, la Maison Blanche ne s’arrêtera pas là. Nous pourrons rapidement réactiver d’autres mesures avec d’autres bases légales.
Ce propos met en lumière la stratégie multiple de l’administration : si l’IEEPA venait à perdre de sa validité, la section 122 de la loi sur le commerce de 1974 pourrait prendre le relais, permettant au président d’imposer des taxes temporaires allant jusqu’à 150 jours, avec un taux maximal de 15 %, sans approbation du Congrès. Pendant cette période, d’autres outils pourraient être déployés en fonction de la situation des paiements internationaux, assurant la continuité du pouvoir fiscal.
De plus, ceux qui connaissent la guerre commerciale de 2018 ne sont pas étrangers aux sections 232 et 301. La première impose des taxes sur l’acier, l’aluminium et les semi-conducteurs sous prétexte de « sécurité nationale » ; la seconde cible « les pratiques commerciales déloyales ». Au cours des huit dernières années, la Maison Blanche a souvent utilisé ces deux anciennes mesures pour créer de nouvelles opportunités fiscales, illustrant la maturité des sources de droit de substitution.
Si la Cour suprême donne raison à Trump, les entreprises pourraient théoriquement demander le remboursement des droits de douane payés depuis 2025. Selon la dernière estimation de PwC, ce montant s’élève à environ 1400 milliards de dollars, ce qui représenterait une pression énorme sur l’administration pour effectuer ces remboursements.
Cependant, le secrétaire au Trésor Janet Yellen a récemment souligné à plusieurs reprises que les droits de douane sont un « outil économique nécessaire pour éviter une guerre chaude », laissant entendre que le ministère des Finances pourrait retarder ou fractionner le traitement des demandes de remboursement en invoquant la sécurité nationale. Les fonds ne sortiraient pas immédiatement, ce qui atténuerait l’impact direct sur la liquidité en dollars sur le marché.
Selon les informations disponibles, peu importe le résultat, cette affaire aura peu d’impact à court terme sur la politique tarifaire. La raison principale est que le pouvoir administratif a déjà normalisé les mesures d’urgence et a intégré plusieurs sources de droit historiques pour former un cercle fermé. Si la décision est en faveur de Trump, l’IEEPA continuera de fonctionner ; si elle est défavorable, les sections 122, 232 et 301 pourront prendre le relais immédiatement.
Trois scénarios principaux sont actuellement discutés :
Pour la chaîne d’approvisionnement mondiale, cette décision influencera également les coûts d’achat et la localisation des sources. Mais peu importe le résultat, le gouvernement Trump a déjà montré à plusieurs reprises qu’il ne renoncerait pas à l’outil tarifaire, ce qui laisse penser que les frictions commerciales internationales en 2026 resteront probablement une norme.