Les États-Unis en difficulté, le Japon déversant de l'argent : la reconstruction du paysage financier par les stablecoins

robot
Création du résumé en cours

La compétition autour des stablecoins entre dans une ère de structures hiérarchisées.

Alors que les principales économies mondiales élaborent des cadres réglementaires pour les stablecoins, une transformation plus profonde est en cours : la compétition ne se limite plus à des ajustements politiques ponctuels, mais se déploie simultanément à travers quatre niveaux : « règles — utilisation — réglementation — offre ».

En d’autres termes, les stablecoins ne sont plus seulement une question d’innovation financière, mais sont décomposés en différents modules fonctionnels dans divers systèmes nationaux, chacun étant reconstruit à l’aide d’outils institutionnels.

États-Unis : conflit interne toujours présent au « niveau de la définition des règles »

Le principal différend actuel aux États-Unis concernant les stablecoins ne porte pas sur la voie technologique, mais sur leur inclusion ou non dans un système de dépôts de type bancaire.

Le débat sur le mécanisme de rendement revient à répondre à une question fondamentale : les stablecoins peuvent-ils participer à la « tarification des dépôts » ?

Si un rendement est autorisé, ils entreront directement dans la zone de substitution du passif bancaire ; si leur rendement est limité, ils seront confinés à un rôle d’outil de paiement peu efficace.

La solution de compromis actuelle tente de distinguer « rendement statique » et « rendement comportemental », c’est-à-dire interdire les intérêts sur la détention, tout en permettant des incitations lors des transactions ou utilisations. Cependant, cette conception est très susceptible de créer des arbitrages réglementaires en pratique, et sa stabilité à long terme reste douteuse.

La divergence entre le système bancaire et l’industrie cryptographique réside essentiellement dans la lutte pour l’attribution de la « propriété financière » du même actif.

Ce qui est encore plus critique, c’est la question de la fenêtre temporelle : l’incertitude au niveau des règles s’allonge, et le retard dans la définition institutionnelle aux États-Unis, objectivement, permet à d’autres régions d’entrer en phase d’application.

Japon : passage à une phase « d’utilisation » pilotée par la politique

Contrairement aux États-Unis, qui restent bloqués dans des controverses réglementaires, le Japon a déjà tourné la page vers la construction concrète de l’utilisation des stablecoins.

Tokyo a lancé une « subvention pour la promotion de la réalisation de la socialisation des stablecoins », encourageant l’adoption du yen stable dans les paiements et transferts via des subventions financières, pouvant atteindre 40 millions de yens par projet. L’objectif principal de cette politique n’est pas le soutien technologique, mais une intervention directe pour surmonter le « déficit d’application » comme obstacle structurel.

La logique de cette politique repose principalement sur trois axes :

  • Réduire les coûts d’infrastructure pour faire passer les stablecoins de « disponibles » à « expérimentables » ;

  • Intégrer l’innovation dans un cadre réglementaire tangible, permettant des environnements d’expérimentation visibles ;

  • Orienter explicitement la politique vers l’internationalisation de la monnaie, faisant du stablecoin un outil d’extension du système yen.

Ce chemin montre que l’attention du Japon s’est déplacée de « l’existence ou non des stablecoins » à « leur capacité à atteindre une véritable échelle d’utilisation ».

Corée du Sud et Royaume-Uni : construction d’un « niveau de capacité réglementaire »

Ce niveau ne concerne pas le développement ou la restriction, mais la « contrôlabilité ».

La Corée du Sud, via un système de traçage sur la blockchain, déplace le flux de fonds du niveau du compte vers celui des adresses et des comportements, rendant progressivement les transactions sur chaîne plus réglementables.

L’essence est : reconstruire la frontière de la capacité de régulation sans changer la forme de l’actif.

Par ailleurs, la Banque centrale sud-coréenne avance clairement dans la construction d’un CBDC et d’un système de tokens de dépôt, tout en adoptant une attitude prudente envers les stablecoins. La trajectoire globale vise à faire du système bancaire le cœur de la structure monétaire sur chaîne, intégrant l’innovation financière dans un cadre réglementaire contrôlable.

Le Royaume-Uni adopte une autre approche : en unifiant le cadre de supervision des paiements, il intègre officiellement les stablecoins dans le système de paiement, tout en explorant leur utilisation dans des scénarios de paiement futurs pilotés par l’IA.

Les deux convergent vers une même direction : les stablecoins passent d’un « actif non réglementable » à une « infrastructure financière réglementable ».

Europe : une réponse structurelle à la « couche d’offre monétaire »

Par rapport aux trois premiers niveaux, l’action européenne se situe à un niveau plus fondamental — la structure de l’offre monétaire.

Le consortium Qivalis, composé de 12 grandes banques européennes, avance un projet d’émission d’euro stable conforme au cadre MiCA, sous la supervision de la Banque centrale néerlandaise. Cette avancée indique que les émetteurs de stablecoins migrent d’entités cryptographiques natives vers le système bancaire traditionnel.

Ce qui motive ce changement n’est pas une innovation produit, mais un déséquilibre structurel dans le système monétaire sur chaîne : le stablecoin en dollar a en fait déjà établi une base de valorisation et de liquidité mondiale, le système en dollar étant longtemps marginalisé.

Ce déséquilibre signifie que, à mesure que l’activité financière migre vers l’environnement blockchain, si la monnaie locale ne dispose pas d’un vecteur de stabilité correspondant, son rôle dans la tarification et la compensation sera systématiquement affaibli.

Ainsi, l’entrée collective des banques européennes vise essentiellement à reconstruire la présence monétaire de l’euro dans le système financier sur chaîne. Cette démarche s’apparente davantage à une extension du système monétaire qu’à une simple innovation de produit.

La véritable structure de la compétition entre stablecoins

En confrontant ces quatre niveaux, on peut dégager une division du travail plus claire à l’échelle mondiale :

  • États-Unis : définition des frontières réglementaires (niveau des règles)
  • Japon : promotion de l’utilisation concrète (niveau de l’utilisation)
  • Corée + Royaume-Uni : construction de la visibilité réglementaire (niveau de la régulation)
  • Europe : conquête du pouvoir sur l’offre monétaire (niveau de l’offre)

Ce schéma montre que la compétition autour des stablecoins ne se limite plus à un marché unique, mais constitue un processus de reconstruction d’un système financier multi-niveaux.

La compétition s’élève vers des niveaux supérieurs

La « guerre des intérêts » sur les paiements n’est qu’un aspect de la règle ; la véritable compétition migre vers des niveaux plus fondamentaux.

Lorsque les quatre niveaux — règles, utilisation, régulation et offre — se séparent et évoluent indépendamment, les stablecoins ne sont plus seulement des produits financiers, mais deviennent une extension des systèmes financiers nationaux dans le monde blockchain.

Ce qui déterminera le futur ne sera plus une simple politique, mais la capacité à établir des avantages structurels dans chaque niveau, puis à les étendre en une présence systémique.

L’issue ultime des stablecoins ne dépend pas de leur définition, mais du moment où le paiement se réalise.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
Aucun commentaire
  • Épingler