La Banque centrale des Émirats arabes unis avertit les États-Unis de « secours en dollars » : si elle ne peut pas fournir, elle changera pour vendre du pétrole en yuan, le dollar pétrolier fait face à son défi le plus direct

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Le gouverneur de la Banque centrale des Émirats arabes unis Khaled Mohamed Balama s’est rendu la semaine dernière dans la région de Washington, près du lieu de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale, pour rencontrer volontairement le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et des responsables de la Réserve fédérale, et a formulé une demande rare : établir un mécanisme de swap de devises entre le dollar américain et le dirham.

Ce n’est pas une simple formule diplomatique, mais une mise en garde. Selon un officiel émirati : « C’est l’Amérique qui a déclenché cette guerre contre l’Iran, nous entraînant dans ce conflit destructeur. » Si l’offre de dollars devient tendue, ils envisagent de régler le pétrole en yuan ou dans d’autres devises.

Derrière le mécanisme de swap : la pression sur le dirham, déjà à un point critique

Le dirham a longtemps été lié au dollar à un taux fixe, la stabilité du taux de change dépendant d’importantes réserves de devises américaines. Autrefois, cela était naturellement complété par les revenus en dollars issus de l’exportation de pétrole, mais deux fissures se sont ouvertes simultanément.

La première : les infrastructures énergétiques ont été endommagées, réduisant considérablement la production. La deuxième : le détroit d’Hormuz a été bloqué, interrompant la route d’exportation pétrolière, coupant ainsi les revenus en dollars. La combinaison des deux a presque stoppé le mécanisme de reconstitution des réserves de change.

Le principe du swap est simple : la Réserve fédérale fournit des dollars bon marché en cas de besoin, la banque centrale émiratie échange des dirhams pour stabiliser le taux, puis, après la crise, elle échange à nouveau. Des mécanismes similaires ont été fournis à plusieurs alliés, notamment la Corée du Sud, Singapour et l’Australie. Officiellement, cette proposition est qualifiée de « mesure préventive » ; aucune demande formelle n’a encore été faite, mais le signal est bien plus important que les détails techniques.

La véritable enjeu : la Chine est devenue le plus grand acheteur, le taux de règlement en yuan dépasse 41 %

Les Émirats ne font pas de bluff. Les chiffres sont là : depuis mars 2026, la proportion de pétrole vendu à la Chine réglée en yuan a dépassé 41 %, et l’Arabie saoudite a atteint 45 %. La Chine a déjà remplacé l’Europe et les États-Unis en tant que principal acheteur de pétrole pour les Émirats.

En d’autres termes, l’infrastructure pour le règlement en yuan, les relations commerciales, la demande des acheteurs sont toutes en place. Il ne manque qu’une décision politique.

Le président émirati Mohammed bin Zayed a été encore plus clair : il n’exclut pas de régler le pétrole en yuan, et réévaluera la nécessité des bases militaires américaines sur son territoire. Une seule décision, qui touche simultanément la question du dollar pétrolier et celle des alliances militaires.

« L’Amérique a déclenché la guerre, mais c’est nous qui devons payer la facture »

L’argument central des Émirats est : cette confrontation avec l’Iran a été initiée par les États-Unis, mais c’est la région du Golfe qui en subit les conséquences. Les infrastructures énergétiques détruites, les routes d’exportation bloquées, les revenus en dollars coupés, les Émirats sont contraints d’utiliser leurs réserves pour se protéger dans une guerre qu’ils n’ont jamais choisie.

Dans ce contexte, demander un swap de devises à Washington n’est pas seulement une nécessité financière, mais aussi une revendication politique : « Si vous nous avez entraînés dedans, vous avez l’obligation de nous assurer une protection. »

Ce discours n’est pas isolé dans la région du Golfe. Parallèlement, le Qatar aurait également commencé à réévaluer la nécessité à long terme de ses bases militaires américaines. La revalorisation collective des alliés au Moyen-Orient est en cours.

La crise de confiance dans le système du dollar pétrolier : la première fois que des alliés en font une arme

Le système du dollar pétrolier fonctionne depuis plus d’un demi-siècle. Son principe central : les pays producteurs du Golfe fixent le prix de leur pétrole en dollars, en échange d’une garantie de sécurité américaine. Ce dispositif a permis au dollar de conserver son rôle incontournable dans le commerce énergétique mondial.

Mais cette fois, c’est différent. Les Émirats ne se contentent pas de se plaindre en privé, ils ont publiquement mis sur la table, lors du FMI, la possibilité de « passer au règlement en yuan » comme levier de négociation. C’est la première fois depuis la création du système du dollar pétrolier que des alliés clés brandissent ouvertement cette menace.

Le taux de règlement en yuan à 41 %, le blocage du détroit d’Hormuz, et l’intégration profonde entre les Émirats et la Chine dans le commerce font que cette arme n’est plus une simple parole en l’air. La première fois que la domination du dollar est confrontée, ce ne sont pas des rivaux géopolitiques, mais ses alliés énergétiques les plus proches qui négocient ses conditions.

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