Les chandeliers dans le feu de la guerre : la trilogie entre crypto-monnaies, situation au Moyen-Orient et marché boursier américain



Le baril de poudre au Moyen-Orient est à nouveau enflammé. La navigation dans le détroit d’Hormuz est à l’arrêt, les États-Unis renforcent leur flotte avec des groupes de porte-avions, et un conseiller de la Garde révolutionnaire iranienne lance des menaces de « frapper toutes les navires en transit ». Les nerfs des marchés financiers mondiaux sont soudainement tendus — le pétrole grimpe en flèche, le dollar se renforce, et les marchés américains connaissent une forte volatilité, tandis que le Bitcoin, qui se targue d’être « l’or numérique », trace une courbe intrigante dans ce contexte de guerre.

1. Le « test de résistance » du Bitcoin : refuge ou risque ?

Si l’on regarde uniquement la journée du 28 février, date du déclenchement du conflit, la performance du Bitcoin ressemble davantage à celle d’une action technologique à forte volatilité qu’à celle d’un substitut à l’or.

Après l’annonce, le Bitcoin chute brutalement en 24 heures, passant au-dessus de 68 000 dollars pour plonger jusqu’à 63 000 dollars, soit une baisse de plus de 6 %, avec près de 150 000 liquidations de positions à l’échelle mondiale. Ethereum, SOL et d’autres principales cryptomonnaies subissent également une forte chute, avec des pertes comprises entre 5 % et 10 %. Cela contraste fortement avec la forte hausse de l’or — le prix spot de l’or atteint brièvement 5300 dollars l’once, illustrant son rôle de refuge.

Mais ce qui est intéressant, c’est que le Bitcoin ne s’effondre pas totalement. Au cours des jours suivants, il rebondit avec ténacité, défiant à nouveau la barre des 69 000 dollars. Cette dynamique de « forte chute puis rebond » met en lumière la position embarrassante des cryptomonnaies : elles sont à la fois un « soupape de sécurité » pour le risque et un « indicateur de liquidité ».

L’observation du market maker Enflux est percutante : pendant le week-end, les vendeurs à découvert ont massivement parié sur la guerre, faisant chuter rapidement le Bitcoin à 63 000 dollars ; mais l’escalade de la situation locale n’a pas immédiatement dégénéré en chaos, et le rachat des positions à découvert a rapidement entraîné un rebond. En d’autres termes, cette hausse est davantage « pilotée par la position » que par la « conviction » — les traders parient que la situation ne dégénérera pas en guerre totale, sans vraiment croire que le Bitcoin peut servir de refuge.

2. L’illusion de la « résilience » du marché américain et ses inquiétudes

Comparé à la forte volatilité des cryptomonnaies, la performance du marché américain est tout aussi dramatique.

Le 2 mars, les trois principaux indices américains ouvrent en forte baisse, le Dow Jones chute de plus de 1100 points à un moment donné. Mais la demande d’achat en cours de séance permet au Nasdaq et au S&P 500 de finir en territoire positif, Nvidia en hausse de 3 %, et le secteur technologique se redresse collectivement. Ce « rebond après ouverture en baisse » semble envoyer un message : le marché considère que le conflit est temporaire, et acheter lors des replis reste la stratégie dominante.

Les stratégistes de Morgan Stanley, notamment Michael Wilson, ressortent même des données historiques : après des conflits militaires au Moyen-Orient, le S&P 500 a en moyenne progressé de 2 %, 6 % et 8 % respectivement après 1, 6 et 12 mois. Cette idée que « le conflit est une opportunité d’achat » amène de nombreux investisseurs à devenir insensibles aux nouvelles de guerre.

Mais le danger se cache dans les détails. Le rendement des obligations américaines à 10 ans continue d’augmenter après le conflit, atteignant un sommet en trois semaines. Cela reflète une véritable anxiété du marché — pas tant la guerre elle-même, mais la spirale inflationniste qu’elle pourrait déclencher. Si le prix du pétrole reste durablement au-dessus de 85 dollars, les attentes de baisse des taux de la Fed seront encore plus compromises, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les actions technologiques surévaluées et les cryptomonnaies.

3. La bifurcation des flux de capitaux

En analysant les flux de capitaux récents, trois tendances claires émergent :

Premièrement, le dollar retrouve son rôle de « refuge ultime ». L’indice du dollar s’apprécie fortement après le conflit, enregistrant la plus forte hausse en deux jours en près d’un an. Les capitaux mondiaux se replient vers les actifs en dollars, les monnaies non américaines étant généralement sous pression. Cela rappelle la logique du début de la pandémie en 2020 : face à une crise majeure, le marché privilégie la liquidité en dollars plutôt que tout substitut.

Deuxièmement, l’or maintient sa position de « dernier refuge ». Bien que le 3 mars, le prix de l’or ait brièvement chuté sous 5000 dollars, provoquant une panique, dans l’ensemble, la hausse initiale de l’or lors du déclenchement du conflit reste solide. Comme le disent les experts, si la situation s’aggrave jusqu’à un blocus total du détroit d’Hormuz, l’or pourrait atteindre de nouveaux sommets historiques. La « pureté » de l’or en tant que refuge est ainsi confirmée dans ce contexte.

Troisièmement, l’ETF Bitcoin subit une « confiance mise à l’épreuve ». Selon Bloomberg, l’ETF spot Bitcoin américain a enregistré près de 1,5 milliard de dollars de flux entrants la semaine dernière, mais depuis le début de l’année, il a connu une sortie nette d’environ 1 milliard de dollars. Cela montre que les fonds institutionnels continuent à tester le marché, sans encore adopter une allocation trend. Plus important encore, les actions liées à la cryptographie comme Coinbase ou MicroStrategy ont également chuté, indiquant que le capital traditionnel considère toujours les actifs cryptographiques comme « risqués ».

4. Divergences et trois voix dans le marché haussier/baissier

Le marché actuel est marqué par une division claire des opinions sur la suite des cryptomonnaies :

Les optimistes, représentés par Tom Lee de Fundstrat, pensent que la vente la plus violente touche à sa fin, et que mars sera le « mois de la reprise » pour la tech et la cryptosphère. La logique est simple : cinq mois de baisse ont déjà évacué la majorité du risque, et les projets de tokens sur la blockchain Ethereum avancent toujours, sans dégradation fondamentale.

Les prudents surveillent de près les mouvements des ETF. Hayden Hughes de Tokenize Capital avertit que la véritable « découverte des prix » se produira après l’ouverture des ETF, notamment ceux liés au Bitcoin. Si les investisseurs institutionnels se retirent, le Bitcoin pourrait rapidement tomber sous 63 000 dollars. Cette crainte n’est pas infondée — la récente reprise du Bitcoin est surtout une « couverture contre les vendeurs à découvert », et non une entrée de capitaux supplémentaires.

Les pessimistes voient des risques plus lointains. Les analystes de FxPro soulignent que le Bitcoin rencontre une résistance significative au-dessus de 69 000 dollars, et si cette barrière n’est pas franchie, un retour à 63 000 dollars, voire à 50 000 dollars, est envisageable. Sur le plan technique, la présence d’un « gap » en graphique hebdomadaire indique que la pression baissière n’est pas encore totalement relâchée.

5. L’effet papillon du détroit d’Hormuz

Si l’on considère que les cryptomonnaies et le marché américain sont des navires en pleine tempête, alors le détroit d’Hormuz en est le cœur.

Environ 20 % du pétrole mondial transite par cette voie. Si la navigation y est interrompue durablement, il n’est pas exagéré de penser que le prix du pétrole pourrait dépasser les 100 dollars. Et cette hausse du prix du pétrole se transmettrait par deux voies vers les actifs numériques :

Premièrement, la voie inflationniste. La hausse des coûts énergétiques alimente les anticipations d’inflation, forçant la Fed à maintenir des taux élevés, ce qui resserre la liquidité et pèse sur tous les actifs risqués.

Deuxièmement, la voie refuge. Si la situation dégénère en guerre totale, les capitaux fuiront tous les actifs risqués pour se réfugier dans l’or et le dollar. Le Bitcoin sera alors confronté à une « épreuve ultime » — suivra-t-il la tendance de l’or ou s’effondrera-t-il avec le marché boursier ?

L’histoire ne donne pas de réponse claire. La seule certitude est que, dans la semaine à venir, tous les traders garderont un œil attentif sur chaque pétrolier dans le détroit d’Hormuz, chaque déclaration de Téhéran, et chaque mot de Washington.

6. Conclusion : chercher la certitude dans l’incertitude

Le conflit au Moyen-Orient ravivé ajoute de nouvelles incertitudes aux marchés mondiaux en 2026. Pour les cryptomonnaies, c’est une « pression test » tardive : pourront-elles se libérer de leur étiquette d’actifs à haut risque et devenir réellement « l’or numérique » ? La réponse pourrait bien se cacher dans les chandeliers des prochaines semaines.

À court terme, la volatilité restera élevée. La zone de fluctuation entre 65 000 et 70 000 dollars reste valable pour l’instant, mais toute percée nécessitera un nouveau catalyseur — qu’il s’agisse d’une escalade du conflit alimentant la demande de refuge ou d’un apaisement qui relancerait l’appétit pour le risque.

Ce qui est certain, c’est qu’à l’ère de l’information explosive, la capacité à juger avec acuité la géopolitique devient une compétence essentielle pour les traders. Après tout, face aux coups de feu dans le détroit d’Hormuz, tous les indicateurs techniques doivent temporairement céder la place.
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FakeNewsvip
· Il y a 2h
Bonne fortune et tout ce que vous souhaitez 🧧
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FakeNewsvip
· Il y a 7h
Rush 2026 👊
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