Einhorn augmente considérablement ses attentes concernant une baisse des taux de la Fed sous la direction de Warsh

David Einhorn, l’investisseur milliardaire expérimenté qui dirige Greenlight Capital depuis environ trois décennies, a récemment fait une prédiction audacieuse concernant la direction de la Réserve fédérale en 2026. Alors que les acteurs du marché traditionnels anticipent deux baisses de taux cette année — portant le taux des fonds fédéraux à une fourchette de 3 % à 3,25 % — Einhorn affirme que le consensus est largement à côté de la plaque. Le célèbre investisseur axé sur la valeur pense que le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, poursuivra des réductions de taux nettement plus agressives que ce que le marché intègre actuellement.

Cette prédiction repose sur une réévaluation fondamentale de la manière dont Warsh gouvernera la banque centrale du pays, et sur ce que sa nomination indique quant aux priorités de la Fed sous l’influence de l’administration Trump.

Pourquoi le marché se trompe sur la politique de Warsh

Lorsque le président Donald Trump a annoncé Kevin Warsh comme son choix pour le prochain président de la Fed — un rôle que Warsh assumera en mai — les réactions initiales du marché ont été mitigées. Les investisseurs craignaient qu’un président choisi par Trump ne soit trop accommodant face à la pression présidentielle pour des taux plus bas. Cette inquiétude a conduit certains capitaux vers des actifs défensifs comme les métaux précieux.

Cependant, la nomination de Warsh a changé la narration. Ses références semblaient rassurantes : il a travaillé en étroite collaboration avec le légendaire investisseur Stanley Druckenmiller à Wall Street et a été l’un des plus jeunes membres du Conseil des gouverneurs de la Fed, de 2006 à 2011. Pourtant, derrière ce pedigree institutionnel se cache une image plus nuancée que ce que la sagesse conventionnelle laisse penser.

Le commentaire récent d’Einhorn sur CNBC révèle pourquoi. Il croit que Warsh plaidera stratégiquement en faveur de réductions de taux dans la plupart des scénarios économiques. « Si nous avons une inflation de 4 % ou 5 %, bien sûr, il ne pourra pas convaincre les gens, mais sinon il argumentera sur la productivité », explique Einhorn. Cet argument sur la productivité a du poids — la logique étant que les gains d’efficacité permettent aux entreprises de se développer sans se traduire par une pression sur les prix à la consommation.

Plus provocateur encore, Einhorn soutient que Warsh défendra des taux plus bas « même si l’économie tourne à plein régime ». Pour positionner son fonds en vue de ce résultat, Einhorn a accumulé des positions en or et des contrats à terme sur le taux de financement overnight garanti (SOFR), un indice étroitement lié au taux des fonds fédéraux que la Fed contrôle directement.

La contradiction apparente : un faucon prônant des baisses

Ce paradoxe apparent dans cette narration mérite d’être examiné. Le bilan de Warsh lors de son précédent mandat à la Fed était résolument hawkish — il privilégiait systématiquement les préoccupations d’inflation plutôt que la stabilité du marché du travail. Selon ces mêmes principes appliqués aujourd’hui, il serait peu probable qu’il prône des réductions étant donné que l’inflation reste élevée par rapport à la préférence de la Fed pour 2 %, même si le chômage a récemment diminué à 4,3 %.

Pourtant, la logique d’Einhorn sur la possibilité que Warsh dévie de ce manuel semble solide. Trump n’a pas caché son appétit pour des coûts d’emprunt plus faibles. Il serait difficile d’imaginer que Trump ait choisi Warsh sans avoir reçu au moins des assurances préliminaires que le nouveau président ferait tout pour convaincre le Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) en faveur de réductions de taux.

La résolution de cette contradiction apparente pourrait reposer sur un arsenal plus large que celui dont la discussion publique met habituellement en avant. Warsh, aux côtés du secrétaire au Trésor Scott Bessent, a montré de l’intérêt pour réduire la taille du bilan démesuré de la Fed. Pendant le mandat de Jerome Powell, le bilan s’est considérablement élargi en réponse à la pandémie. Bien que la Fed ait utilisé le resserrement quantitatif (QT) pour le réduire, ces efforts ont pris fin l’année dernière.

La stratégie du bilan : réduire les taux tout en resserrant les actifs

Voici où la crédibilité hawkish de Warsh et le désir de Trump de voir des taux plus bas pourraient coexister : le président de la Fed pourrait théoriquement baisser les taux tout en déployant simultanément un resserrement quantitatif. Cette double approche satisferait les deux camps — en livrant les baisses de taux souhaitées par Trump et le marché, tout en maintenant la discipline de politique que privilégient les hawks.

Cependant, cet équilibre comporte des risques importants. Le resserrement quantitatif peut s’avérer difficile à calibrer avec précision. Lorsqu’il est exécuté de manière trop agressive, il peut drainer les réserves du marché financier trop rapidement, risquant de déstabiliser les taux de financement à court terme. L’histoire offre des leçons d’avertissement : en 2019, le resserrement de la Fed a créé de telles tensions que la banque centrale a finalement inversé sa politique et injecté des capitaux pour restaurer la stabilité. La pause ultérieure du QT par la Fed reflète la conscience de ces risques.

Le point plus large que les investisseurs doivent assimiler dépasse la seule gestion des taux d’intérêt. La manière dont la Fed gère son bilan — la composition, le rythme et l’ampleur des ajustements d’actifs — pourrait s’avérer tout aussi déterminante pour la performance du marché que le taux de référence lui-même. Les acteurs du marché avisés feraient bien de surveiller ces deux dimensions de la politique de la Fed avec une vigilance égale.

La conviction d’Einhorn que la Fed effectuera des réductions beaucoup plus agressives que ce que le consensus prévoit repose sur cette reconnaissance. Que sa prévision s’avère exacte dépendra fortement de la volonté de Warsh de privilégier une politique monétaire axée sur la croissance malgré ses instincts hawkish, et de sa capacité à naviguer habilement dans la complexité technique de la gestion du bilan.

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