Récemment, beaucoup d'idées circulent sur une éventuelle vente massive de dettes américaines par l'Europe pour contrer les États-Unis. Il faut dire que ces opinions manquent gravement de connaissances financières et géopolitiques de base. La détention de dettes américaines par l'Europe peut être grossièrement divisée en deux catégories : d'une part, les entités officielles (banques centrales, ministères des Finances, institutions souveraines), représentant environ 2,5 à 3 trillions de dollars. Ces fonds sont très prudents, avec un rythme d'ajustement lent, servant principalement d'outils de réserve et de gestion des risques, plutôt que d'armes politiques. Si c'était une arme politique, les contre-mesures des États-Unis seraient nombreuses (nous en parlerons plus tard), alors que l'Europe n'a pas vraiment de carte à jouer. D'autre part, le secteur privé (banques, assurances, fonds de pension, fonds d'investissement), avec une taille plus grande, environ 3,5 à 4,5 trillions de dollars. Mais ces fonds sont presque impossibles à mobiliser politiquement. Pour les banques, assurances et fonds de pension européens, les dettes américaines sont parmi les rares options pouvant satisfaire simultanément aux critères de volume, de sécurité et de correspondance de la durée. Vendre des dettes américaines, comment justifier la perte aux investisseurs ? Leur dire que c'est un coût patriotique (ou patriotique de l'UE) ? Pour faire face à ce que l'on appelle la vente européenne de dettes américaines, les États-Unis n'ont pas besoin de « résister durement » sur le marché des obligations. Si la situation s'aggrave, les outils de contre-mesure américains ne se limitent pas aux taux d'intérêt : ils incluent la liquidité en dollars et le système de règlement, les avantages technologiques et dans la chaîne de l'industrie de la défense, ainsi que la conditionnalité des garanties de sécurité et l'ambiguïté stratégique. Ce sont des moyens systémiques à faible visibilité, réplicables, et plus contraignants pour l'Europe. En 2019, la Turquie a acheté le système de défense S-400 russe, et les sanctions américaines n'ont consisté qu'à interdire la vente du F-35 et à geler la coopération en matière de renseignement. Cela a immédiatement réévalué le risque pays de la Turquie sur le marché financier international, avec pour résultat : le lira turque s'est fortement dépréciée à plusieurs reprises, les rendements obligataires ont augmenté, et l'écart CDS (Credit Default Swap souverain) s'est creusé, aggravant la crise économique turque. L'alliance sécuritaire des États-Unis (protection) est en réalité un amplificateur implicite de la crédibilité souveraine. Imaginez que les États-Unis dégradent un allié dans leur système d'alliance ? Ou qu'ils utilisent le parapluie nucléaire pour faire pression ? Quel serait l'impact pour le pays concerné ? Mettre ce scénario en contexte européen, cela concerne-t-il la France et l'Allemagne, déjà profondément embourbées, ou les pays européens en difficulté financière, ou encore les pays nordiques fortement dépendants du soutien financier pour leur industrie énergétique ? Peuvent-ils supporter la rétorsion inégale des États-Unis ?

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HighAmbitionvip
· Il y a 12h
GOGOGO 2026 👊
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